
Analyse du premier tercet : 'Comme de longs échos qui de loin se confondent / Dans une ténébreuse et profonde unité'.
Après avoir établi la Nature comme un temple vibrant et peuplé de symboles, et l'homme comme un être traversant cette "forêt" signifiante, Baudelaire aborde dans ce premier tercet la manière dont les "confuses paroles" des "vivants piliers" se manifestent et se résolvent. Il utilise une comparaison frappante pour décrire ce phénomène : "Comme de longs échos qui de loin se confondent". L'image de l'écho suggère d'emblée une résonance, une répétition ou un prolongement de sons originels, mais perçus ici depuis une certaine distance.
Cette distance implicite dans l'expression "de loin" est significative. Elle peut symboliser l'éloignement de l'homme moderne par rapport à la source primordiale ou divine, ou simplement la difficulté inhérente à saisir le langage profond de la Nature. Les échos ne sont pas clairs et distincts ; au contraire, ils "se confondent". Cette confusion initiale souligne le caractère non immédiatement intelligible des signes naturels, leur aspect énigmatique déjà évoqué par les "confuses paroles".